Mon objet Pongien s’en va

Les objets qui nous entourent, ajoutent-ils quelque chose à notre existence ? Les livres, les cahiers, les crayons les tableaux peuvent-ils véhiculer des histoires ? C’est ainsi que le tableau de « la femme au chapeau » après plus de 10 ans à mes côtés, s’en va vers une nouvelle demeure… Il m’avait inspiré un texte à la manière de F. Ponge que je vous livre.

Mon objet pongien s’impose à nous, dès le seuil de la porte franchi. Ce qui aimante d’emblée le regard, c’est un mélange subtil et improbable de couleurs vives, où le cobalt, le pétrole et l’émeraude flirtent avec le rouge et le jaune. Où des taches blanches côtoient des lignes rouges. C’est un rectangle fixé à la verticale pour imposer sa puissance, où la lumière se dépose gaiement, libérant la quintessence des nuances et du grain ainsi que la beauté du trait. L’objet est cerclé de bois sculpté de cimaises, une peinture noir mate édulcore le côté opulent des motifs. Il se veut résolument moderne, accueillant et chaleureux, mais surtout, il veut plaire. Alors il sort ses atouts, un corps capiteux légèrement vêtu de rouge qui laisse apparaître une peau albuginée. Un généreux chapeau surplombe le tout et plonge le visage dans la pénombre comme pour chasser l’obscène et installer la pudeur. Un sourire à la « Mona Lisa » fait le reste. L’objet est là, immuable et veille sur la parentèle, la noria des amis et les années qui passent.


Myriam E. Mitakos copyright tous droits réservés

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