Les bons gestes

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Celles qui souffrent des affres du domptage de leur chevelure épaisse, frisée et indisciplinée connaissent cette série de petits gestes répétés avec patience !

Avant toute chose, l’œil expert regarde si les paramètres météorologiques sont réunis, car en présence d’un fort taux d’humidité, la somptuosité du résultat serait anéantie, laissant place à une coiffure hybride peu séduisante.

 

La scène se déroule donc, un jour de beau temps. A la sortie de la douche, la femme met toute son attention au profit de son projet : une chevelure impeccable qui viendra supplanter les frisottis disgracieux. Pour la bonne réalisation de ce projet ambitieux mais ô combien important, elle se doit d’accomplir une série de gestes mécaniques et précis.

 

Tout d’abord, elle applique avec douceur une serviette absorbante sur ses cheveux, ces derniers viennent de subir une thérapie onctueuse qui facilitera le résultat escompté. En effet, un masque épais à base de beurre de karité est resté à macérer sur les mèches léonines pendant une bonne dizaine de minutes, puis il fut abondamment rincé. Un jet d’eau froide, provoquant un petit cri de surprise, termina le protocole.

 

Une fois la chevelure essorée, la femme installe sur le large meuble sous lavabo de sa salle de bain, les outils indispensables à la réalisation du lissage. Ses mains expertes placent l’embout sur le sèche-cheveux, sortent du tiroir une trousse contenant des pinces plates aux longueurs différentes, et choisissent trois brosses aux calibres variés ainsi qu’un peigne.

 

La femme enduit sa toison d’un produit spécifique afin d’optimiser la durée du labeur. Puis, elle inspire profondément pour se donner du courage et donner le feu vert. Le calme l’habite encore, la détermination est intacte. La femme opère alors une topographie méticuleuse de son crâne à l’aide du peigne. Des parcelles sont ainsi formées. Elles sont maintenues, par touffes épaisses, à l’aide des pinces. Toutes les mèches convergent vers le sommet de la tête, seules celles en périphérie demeurent libres.

 

La femme met en marche le sèche-cheveu, prend soin de régler une ventilation douce qui n’agressera pas sa chevelure. Elle saisit ensuite une petite mèche, empoigne la brosse la plus grosse, celle aux poils mixtes (poils de sanglier et nylon) et commence le lissage. La brosse tourne sur elle-même sous l’impulsion de la main droite, tandis que la main gauche maintient le sèche-cheveux perpendiculairement, à une distance raisonnable. Les mèches roulent sur la brosse de la racine à la pointe, subissant un étirement plus vigoureux au niveau de la racine. Ce geste permet d’obtenir une texture souple ! S’ensuit une répétition régulière et laborieuse du même geste, en remontant mèche après mèche jusqu’au dessus de la tête !

 

Survient toujours, un moment où la patience abandonne la femme, où les mèches saisies se font plus épaisses, le lissage moins efficace. Si le temps imparti à la tâche touche à sa fin, elle prend son mal en patience et continue péniblement. Si le temps écoulé depuis le début de l’opération est faible, alors elle s’accorde quelques minutes de répit. Elle se masse la paume de la main, étire ses doigts. Elle soulage ses membres supérieurs, en secouant ses bras et en effectuant une série de mouvements rotatifs des épaules, de l’avant à l’arrière, puis de l’arrière à l’avant. Détendue, elle reprendra sa tâche.

 

La dernière mèche lui arrache toujours un sourire de conquérante. La chevelure peut, au gré de son humeur, subir une dernière intervention, celle de la brosse au calibre le plus petit, qui créera des boucles légères, ou un mouvement extérieur donnant une texture plantureuse.

 

Pour finir, elle change la température du séchoir et d’un geste aérien, elle balaie d’un jet d’air frais sa chevelure pour lui apporter cet effet naturel qu’elle adore.

 

Une satisfaction habite son visage tout entier : les cheveux sont brillants, impeccables et sublimés !

 

 

La femme range soigneusement les instruments salvateurs. Les brosses et le peigne rejoignent un pot en grès recouvert d’un émail turquoise, situé sur le rebord de la fenêtre, elle enroule le fil électrique autour du bras du sèche-cheveux et le dépose au fond du placard. Elle place les pinces plates dans la trousse puis la met à côté des tubes de rouges à lèvre dans le tiroir du bas du meuble sous lavabo.

 

La femme sort, alors, du premier tiroir, un élixir. Deux pressions sur la pompe du flacon viennent déposer une substance dorée au creux de sa main. Elle étale cette riche masse dans la paume à l’aide de ses trois doigts réunis puis, fait glisser les deux paumes l’une contre l’autre. Elle applique par mouvements circulaires cette texture sur les pointes de ses cheveux.

 

Après cette succession de bons gestes, voici notre femme armée d’une chevelure alliée, pour affronter fièrement le jour nouveau !

 

Myriam E.Mitakos Copyright tous droits réservés

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